Jacques Osinski présentait à la Maison de la Culture, sa dernière mise
en scène : « un conte d'hiver » dans une nouvelle traduction.
En 2008, on peut se
poser la question peut-on, doit-on encore monter des pièces de
Shakespeare ?
Il est fait reproche
(souvent à juste titre) que les théâtres ne jouent que des auteurs classiques,
où sont les nouveaux auteurs ?
Le « conte d'hiver » a été écrit par Shakespeare
à la fin de sa vie et a été peu monté, c'est
une pièce qui a plusieurs lectures.
Je l'ai abordé comme un conte – je n'ai pas essayé
d'analyser la « langue de Shakespeare » comme une œuvre majeure, de
recenser cette langue rare. J'ai vu, écouté, comme un enfant qui écoute un
conte.
Vu : parce que le décor, la lumière, les costumes,
les vidéos jaillissent au milieu de la scène. Ecouté : (il est peut-être
exact que la traduction ne soit pas la meilleure et que le souhait de
« moderniser » ou « adapter » la langue au goût du jour
n'apportent pas de manière majeure une force à cette œuvre mineure de
Shakespeare) comme on écoute une histoire, sans soucis de rechercher,
d'analyser.
Les 3h15 du spectacle ont découragé quelques spectateurs
qui sont partis à l'entracte et découragées beaucoup qui n'étaient pas venus.
La mise en scène est parfaitement adaptée à l'adaptation
de la pièce.
Alors pourquoi faudrait-il faire « compliqué »
quand on peut faire « simple » ?
C'est le spectacle type d'une maison de la culture :
qualité, accessibilité ! Une langue shakespearienne dans un écrin d'éclats
de lumières, de couleurs, de sons.
Il est dommage que la rencontre avec le public n'ait pas
eu lieu. Cette absence de rencontre est d'autant plus regrettable que Jacques
Osinski a plusieurs fois travaillé avec la MCA et que le public amiénois le connaît.
Souffle, souffle, vent d'hiver ; tu n'es pas si cruel
que l'ingratitude de l'homme (c'est du Shakespeare !)
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