Malcom de Chazal, écrivain
et peintre mauricien, écrivait : « les hommes portent leur cœur dans
leur sexe, les femmes portent leur sexe dans le cœur ».
Cette citation serait une
épigraphe parfaite pour le film de Marc Esposito.
Vous avez peut-être vu les
aventures de la bande des quatre dans le Cœur des Hommes, Marc Esposito
récidive.
Antoine (Bernard
Campan – prof de gym attaché aux grandes valeurs acquises par la lutte des
classes) – Jeff (Gérard Darmon – journaliste sportif, éditeur) – Manu
(Jean-Pierre Darroussin – charcutier traiteur, partisan du travailler plus pour
gagner plus, petit commerçant français !), Alex (Marc Lavoine –
éditeur, entrepreneur, entreprenant et plus particulièrement avec les femmes).
Voilà la bande de copains.
Leur point commun : être les
archétypes des premiers abonnés de Canal Plus, au temps, où les Guignols de
l’info, qualifiés cette chaîne télévisée de la « chaîne du foot et du
cul. »
Incontestablement ce numéro 2
recueille l’adhésion du public, car au 01 novembre, ce film prend la tête du
Box office avec 580.779 entrées pour 517 copies. Marc Esposito va certainement
atteindre son objectif des 2 millions d’entrées.
Rien d’étonnant à ce que ce film
plaise : nous avons le sentiment que les personnages et les acteurs
pourraient être nos copains ou ceux que nous aurions aimé avoir – « des
amis franco de port, des copains d’abord. »
Une
suite est une gageure car le principal défaut d’une suite, c’est d’être une
suite. A l’image du spectateur qui n’apprécie pas l’adaptation
cinématographique d’un roman qu’il a lu car il a pré construit son propre film,
le spectateur, dans le cas d’une suite peut avoir la même attitude.
L’ambiance du film a quelque peu
changé, dans le numéro 1, c’était les hommes faisant leur célèbre loto sportif,
avec le traditionnel conflit OM-PSG – les hommes déjeunant, se réunissant et
s’unissant pour soutenir Manu qui avait perdu son père.
Le numéro 2 donne moins
d’importance à ce groupe et présente plus la vie de chacun avec femmes et
enfants que la vie de la meute des quatre !
Cette ambiance différente met
plus en valeur les caractères des personnages, c’est un film avec le groupe de
quatre, plus quatre personnages.
C’est un film simple, sain et
joyeux.
Il a été fait reproche au
réalisateur de ne pas avoir le talent d’un Claude Sautet ou d’un Yves Robert.
Claude Sautet était un grand
couturier du cinéma, il pouvait donner l’impression de filmer « les choses
de la vie » mais tout était ciselé : lumière, son, mouvements de
caméra, au point que nous oublions que nous étions au cinéma. Ces personnages,
par exemple, dans Vincent, François, Paul et les autres, étaient chirurgien,
écrivain, industriel – de ces grands bourgeois qui flirtaient avec les
intellectuels. Ils avaient ou avaient eu des idéaux.
Chez Esposito, « on cause
pas chez ces gens là », on déconne entre potes!
Quant à Yves Robert, là aussi le
concept de la bande des quatre, mais les personnages : médecin, diplomate,
garagiste homosexuel, gigolo sont plus semblables aux personnages du numéro 2
de Marc Esposito – ils ont des vies et la confrontation de leurs vies créent
leur amitié. La filmographie d’Yves Robert est impressionnante. Yves Robert est
un homme de cinéma et du cinéma : acteur, réalisateur, producteur.
Marc Esposito est un homme
multicarte : critique cinéma, patron de presse, romancier.
C’est un cinéaste du temps voire
de l’éphémère et je ne pense pas qu’il espère marquer le cinéma français pour
le reste du siècle.
Il a écrit une chronique, un
billet d’humeur qu’il a porté à l’écran.
Ce billet d’humeur est un billet
de bien bonne humeur à partager pendant deux heures.
Y-aura-t-il une suite ? C’est possible, en tout cas
le réalisateur a largement laissé la porte ouverte pour cela à la fin du film.
Nous verrons bien.
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